Qu’elle est belle la langue française!
« … Je me sentis dans mon élément à l’instant où, penché sur la balustrade inondée de soleil, mon regard fut happé par le vol d’une perdrix et failli ne plus revenir.
J’étais ébloui. Né au cœur des champs, je retrouvais un à un mes repères d’antan, l’odeur des labours et le silence des tertres. Je renaissais dans ma peau de paysan, heureux de constater que mes habits de citadin n’avaient pas dénaturé mon âme. Si la ville était une illusion, la campagne serait une émotion sans cesse grandissante; chaque jour qui s’y lève rappelle l’aube de l’humanité, chaque soir s’y amène comme une paix définitive. J’ai aimé Rio d’emblée. C’était un pays de grâce. On aurait juré que les dieux et les titans avaient trouvé en ces lieux de l’apaisement. »
Yasmina Khadra
dans « Ce que le jour doit à la nuit », Éditions Julliard, Pocket 2009 - (pages 131-132)
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