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J'ai fait la connaissance d' André Lacroix à Stewart Hall, (Pointe-Claire). « Andy » qui aime bien le bon vin, s'inscrit régulièrement aux ateliers de dégustation que j'anime, là-bas, depuis des années. Au cours de l'une de ces soirées, l'automne dernier, j'ai affirmé au hasard de la conversation que j'étais un « gars de chars »; que les voitures étaient l'autre passion la plus durable de ma vie. À ce moment-là, Andy m'a lancé que des bagnoles, lui, il en possédait une demie douzaine : deux Porsche, trois MG, une Jaguar, et un Cabriolet Volkswagen de modèle récent. « Wow! » À la fin de la soirée nous avons pris rendez-vous et, par un beau dimanche matin ensoleillé, je suis passé chez lui voir ses « darlings »…
Nous avons longuement parlé, Andy m'a fait voir quelques albums photos et il m'a raconté que tout jeune homme, pour se faire un peu d'argent de poche, il achetait de vieilles Volks, ou des « sport cars » qu'il retapait, conduisait pendant un certain temps - question d'en profiter -, puis qu'il les revendait en réalisant parfois de jolis profits…
Des passionnés de voitures sport anglaises des années 1940, 50 et 60, ces MG, Morgan, Triumph, Austin-Healey qui peuvent coûter si cher à maintenir en état de marche, bref des purs et durs comme Andy, il en reste de moins en moins. (Et croyez-moi, personnellement, je n'en suis pas : trop compliqué!) Mais Andy, lui, il évolue dans le milieu depuis si longtemps qu'il connaît les mécanos compétents de même que les ateliers fiables où il peut faire faire entretiens et réparations en toute confiance… Selon lui, chacune de ses vieilles voitures coûte environ 1,500$ par année pour l'immatriculation, les assurances et l'entretien mécanique.
De toutes ces amours, aucune n'a fait (et ne fera jamais) l'objet d'une remise à neuf complète. Il me disait en riant « C'est un peu comme disait souvent ma mère : « il faut something old, something new, something blue… » : il est hors de question pour lui d'enlever toute cette patine, d'effacer tout ce vécu…
Quant à moi qui - depuis l'enfance - suis fasciné par les arômes et les parfums, un des aspects les plus intéressants du contact avec ces reliques, c'est de constater à quel point elles conservent, leur vie durant, les odeurs qui leur sont spécifiques : une Ford 1949, une Buick 1957, une Austin-Healey 1961, une Rabbit 1977, toutes sans exception, gardent ces arômes venus - j'imagine - des différents matériaux spécifiques dont elles sont faites… Et, à leur contact, on réalise aussi combien les voitures d'aujourd'hui sont aseptisées, insonorisées, isolées, tandis que ces belles d'antan, elles ont une âme, elles vibrent (littéralement!) et chacune à sa manière; et toutes elles sentent l'huile, le carburant, la graisse minérale, le cambouis, le métal… usiné : quel sympathique voyage dans le temps!
Nous sommes allés faire un petit tour avec sa MGB GT et en gentilhomme qu'il est, Andy a insisté pour que je prenne le volant : impressionnant comme on fait corps avec cette bagnole! On vibre au diapason du moteur et de la transmission; et, via la direction et le châssis, on ressent la route comme cela ne se fait plus aujourd'hui… Et quel concert de bruits mécaniques! Le moteur, la boîte de vitesse, l'embrayage, la suspension, le bruit que font les pneus sur le pavé, on entend tout et au point où à 100 km heure, il est impossible d'avoir une conversation soutenue : ces voitures sport, c'était… du sport! Merci Andy, ce fut une belle « ride » que je n'oublierai pas de sitôt! (Ça devait faire 30 ans que je n'étais pas monté dans une MGB).
Pour en apprendre un peu plus sur cette toute première monocoque de la marque, voyez au : http://www.motorlegend.com/cabriolet/mg-b/6,8651.html
Juin 2008
Raymond Chalifoux
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