Il est souvent fait mention des risques possibles d'interaction négative entre les produits de santé naturels et les médicaments. Dans certains cas, cette possibilité est réelle. Par contre, dans de nombreux autres cas, c'est le contraire qui est vrai.
La prise conjointe de médicaments et de produits de santé naturels peut être bénéfique. Certains médicaments peuvent nuire à l'absorption ou à la synthèse de plusieurs vitamines ou minéraux, en augmenter les besoins pour assurer leur métabolisme. D'un autre côté, les produits de santé naturels peuvent augmenter l'efficacité d'un médicament ou en réduire substantiellement les effets secondaires.
Cette série d'articles vous fournit des informations factuelles qui vous aideront à conjuguer intelligemment et avantageusement les produits de santé naturels et les médicaments.
Le méthylphénidate (Ritalin)
INDICATIONS ET USAGE CLINIQUE
Le méthylphénidate, dont le produit commercial le plus connu est le Ritalin, est un stimulant du système nerveux central. Il agit en inhibant la recapture de deux médiateurs biochimiques, la dopamine et de la noradrénaline, ce qui entraîne une augmentation de leurs concentrations dans le cerveau. Résultat : une stimulation du cerveau et, par conséquent, une amélioration de la concentration.
Ce médicament est surtout utilisé dans le traitement des troubles de déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité (TDA/H). On le prescrit aussi dans les cas de narcolepsie, d'hypersomnie et, occasionnellement, en cas de dépression chez certaines personnes âgées. Dans cet article, nous nous limiterons aux troubles du déficit de l'attention.
NOMS COMMERCIAUX
Méthylphénidate ............... Ritalin®, Ritalin SR®, Concerta®,
Biphentin ®
EFFETS SECONDAIRES POTENTIELS
Dans l'analyse des risques et des bénéfices du recours au méthylphénidate (Ritalin et autres), il faut mettre dans la balance les effets secondaires suivants : l'arythmie, les nausées, les douleurs abdominales, la sécheresse de la gorge, la diminution de l'appétit et la perte de poids, les troubles de la vision, les maux de tête, la nervosité et parfois, l'insomnie. Fait important, les poussées de croissance de l'enfant sous médication sont ralenties. Elles se feront généralement sentir plus tard à l'adolescence.
Comme ces effets secondaires ne sont pas anodins, il peut y avoir un réel avantage à associer d'autres méthodes alternatives à la médication. Dans la mesure où les moyens alternatifs améliorent le comportement de l'enfant, la dose thérapeutique et la durée de la médication pourraient être ajustées.
PRODUITS DE SANTÉ NATURELS ET MÉTHYLPHÉNIDATE
La documentation scientifique ne rapporte pas d'effets négatifs à l'utilisation d'éléments nutritifs conjointement au méthylphénidate (Ritalin et autres).
Les troubles du déficit de l'attention et l'hyperactivité ne sont pas reliés à une seule cause. On estime plutôt qu'ils sont un ensemble de symptômes dont les causes sont, semble-t-il, hétérogènes. Par exemple, certains cas peuvent être associés à une intoxication au plomb, tandis que d'autres le seront à cause d'intolérances alimentaires ou encore de déficiences nutritionnelles. L'élimination des allergènes et des additifs chimiques alimentaires, en particulier le glutamate monosodique, l'acide aspartique dérivé de l'aspartame et le fluorure, les traitements de chélation pour les métaux lourds, peuvent, dans certains cas, apporter des améliorations.
Harding et al, dans leur révision de la documentation scientifique, ajoute que des déficiences en phospholipides, en acides aminés, en vitamines B, une diète pauvre en protéines/riche en glucides, des troubles de la thyroïde, sont d'autres facteurs contribuant aux troubles déficitaires de l'attention. Les résultats des recherches, concluent-ils, supportent l'efficacité des traitements des suppléments alimentaires dans l'amélioration de l'attention et de la maîtrise de soi chez les enfants souffrant de TDA/H, et laissent entrevoir que les suppléments peuvent être d'une efficacité égale au Ritalin. Une révision allemande ouvre, quant à elle, la porte à la combinaison des alternatives nutritionnelles à la médication dans la gestion des troubles déficitaires de l'attention.
Dans le même sens, une étude française par Mousain-Bosc et al ., poursuivant une étude antérieure, a démontré qu'il y avait un taux de magnésium dans les globules rouges beaucoup plus bas chez les enfants affectés de TAD/H que chez les enfants du groupe de contrôle. Dans presque tous les cas, une supplémentation de magnésium et de vitamine B 6, pendant au moins deux mois, a modifié les symptômes cliniques de la maladie. L 'hyperactivité et l'hyperémotivité/agressivité étaient réduites, et l'attention à l'école, améliorée. À l'arrêt du traitement, une résurgence des symptômes a été notée, parallèlement à une baisse des taux sanguins intracellulaires de magnésium et de vitamine B 6. Une autre étude russe, publiée quelques semaines plus tôt, est arrivée à des résultats identiques avec le même traitement.
D'autres études confirment que le dérèglement des acides gras essentiels, l'acide docosahexaènoïque (DHA) et l'acide éicosapentaénoïque (EPA), celui des acides aminés, particulièrement le 5-hydroxytryptophane (5-HTP), un dérivé du tryptophane, les déficiences en zinc et en fer, sont impliqués dans les troubles déficitaires de l'attention.
Les troubles de déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité, sont des symptômes dont les causes sont complexes et souvent multi-factorielles. Le même protocole thérapeutique ne peut s'appliquer à tous les cas. Par contre, tous profiteront d'une diète sans allergènes et d'une supplémentation adaptée.
CONSEIL DU NATUROPATHE AGRÉÉ :
Le naturopathe agréé est la personne idéale pour faire un suivi complémentaire et proposer des méthodes différentes qui vont aider à diminuer chez l'enfant affecté par le TDA/H, le besoin ou la durée de la médication, à améliorer sa qualité de vie et son rendement scolaire.
Pour savoir si les suppléments recommandés conviennent, consultez un naturopathe agréé.
Août 2009
Lise Guénette,
ND.A.
Membre de l'Association des naturopathes agréés du Québec (ANAQ)
Tous droits réservés ©
Cet article a été publié dans la revue Vitalité-Québec , no. 127, Septembre 2009.
Par :Lise Guénette ND.A. et Gilles Parent, ND.A.,
avec la collaboration de Jean-Yves Dionne, B. Sc. Pharm
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