Rentrée = bibine?

 
 

Pinot grigrio Barefoot - (10915010 – 9$)
Chardonnay Billyrock Station - (10699628 – 4$)
Merlot Billyrock Station - (10699636 – 4$)

Barefoot

Il y a trois ans, mon copain sommelier Laliberté, inopinément « pogné à Toronto », m’avait demandé de le remplacer à pied levé pour animer une soirée dont le thème - choisi par lui - était « Les vins de la rentrée ». À la question « Mais veux-tu bien me dire c’est quoi, un « vin de la rentrée » il m’avait répondu « c’est un vin cheap mais buvable : rentrant de vacances, les gens sont sans le sou et cherchent les aubaines comme jamais! »  Or, c’est le dernier dépliant publicitaire de la SAQ, celui trouvé dans le courrier d’hier, qui m’a rappelé cette affaire : visant la période du 21 août au 1er septembre, il s’intitule « Plaisirs abordables » il promeut 24 vins, un cidre plat et trois alcools dont plusieurs sont offerts à rabais. Après examen, il y a dans cette brochette une bonne douzaine de vins qui - avec le bon plat et servis à la bonne température -  se boivent avec un certain plaisir. Mais, il se trouve que c’est plutôt d’un autre tiercé dont moi j’ai envie de vous entretenir, soit une bouteille et deux « cans » dont ne parle pas cette circulaire.

Le premier vin est blanc, californien, conditionné en bouteille de verre standard et élaboré à partir d’un cépage qui depuis quelques années fait fureur chez nos voisins, les électeurs de Barak, (ou de l’autre, l’aïeul…) le pinot grigio. Quand j’ai goûté, je le jure, à la toute première gorgée je me suis exclamé « ça, c’est pas du vin, c’est du jus pomme, et encore, pas fort en pomme! » C’est donc le vin idéal pour tous ceux qui n’aiment pas le vin, soit tous ceux - et croyez-moi qu’ils sont nombreux – qui trouvent que le vin « ça goûte trop ». À 13 degrés d’alcool et moins de dix dollars les 75 centilitres, ce Barefoot est pour la table ou le patio, la boisson « plaisir-du-buzz » presque idéale. (Son « twin » en rouge, le shiraz Barefoot m’a semblé moins évident : « full kool-aid et malécoeureux » comme ils disent dans les quartiers mal famés de Chicoutimi.

« Can you? »

Les deux « cannettes » de vin en format de 250 millilitres nous arrivent de chez ces parfaits iconoclastes du monde viticole que sont les Australiens, et plus préciment la maison Mc Guigan Simeon Ltd. Ce qui m’a d’abord frappé, c’est que le producteur n’a pas fait l’erreur d’emplir ces… vases irrévérencieux d’un vin parfaitement imbuvable, comme l’ont fait il y a quelques années les promoteurs du vin en « carton de lait » (le Tetrapak) sous prétexte que « de toute façon, ceux qui vont acheter ça, ne sont pas de vrais amateurs de vin, alors… ». Alors les critiques ont été terribles, ici, au Québec, en tout cas... Le Chardonnay de « Billy » goûte le chardonnay, la structure est plus que correcte et, à table ou en apéro, on en redemande. Quant au Merlot, il est certes un brin sucré, mais, avec les viandes épicées et toutes celles cuites au BBQ, il se révèle fort agréable. Mais surtout, si - comme c’est souvent le cas - on ne peut consommer une bouteille en entier, alors là, à « quatre piastre la craque », c’est tout une aubaine !

Raymond Chalifoux
Août 2008
Publié dans le journal ICI, Québécor média
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