Masaréj Castello del Poggio Barbera d'Asti 2001 - (10857358 – 34$)
Castello del Poggio Barbera d'Asti 2004 - (10391447 – 16$)
Je rentre d'Italie où (entre autres) à l'invitation de l'association des producteurs de Barbera d'Asti Superiore « Nizza », je suis allé déguster en primeur les vins du millésime 2005. Or, je dois dès lors signaler que si la simple mention de l'été 2005 fait encore frémir de plaisir tous les vignerons d'Hexagone, dans l'Italie du centre et du nord c'est une toute autre histoire…
Chez les vignerons de l'hémisphère nord, on dit « août fait le mout ». Cela signifie que si la température de cette partie de l'été est mauvaise, ce qui reste de saison végétative est alors trop court pour permettre de corriger le tir... En 2005, de Milan jusqu'à Montalcino, le mois d'août a été très… automnal . À quel point? À lire à ce sujet l'excellente revue britannique Decanter, on a l'impression que 2005 a été encore pire que cette catastrophe qu'avait été 2002. Selon moi, ce n'est pas le cas: à l'évidence, les polyphénols sont moins mûrs, les arômes moins à l'avenant, l'acidité plus importante que la moyenne des (très bonnes) dernières années et la chair plus ténue. Ces Barbera 2005 rappellent aux distraits que nous sommes que l'Europe, ce n'est encore ni l'Australie, ni la Californie…
Les Barbera d'Asti Superiore « Nizza » 2005 ne nous parviendrons que l'an prochain et cette petite année supplémentaire de bouteille leur fera le plus grand bien. Ces vins permettrons aux amateurs de Barbera d'attendre les meilleurs 2001 et 2004 encore loin d'être prêts. Pour vous en convaincre, vous pouvez tâter de ce Masaréj 2001 (dégusté trois fois depuis une semaine!) : c'est un hyper costaud, peu filtré, noir comme de l'encre, encore pas mal chargé de tanins mûrs et d'arômes de griotte. Il fera honneur aux plus cochons de vos aloyaux de bœuf ou d'agneau cuits sur le BBQ. Mais sachez que vous devrez le passer en carafe au moins une heure à l'avance et, comme il fait 14 degrés d'alcool, cette heure de carafe il devrait en passer la moitié au frigo.
Quant au Barbera d'Asti d'entrée de gamme de Castello del Poggio, c'est l'archétype du rouge frais, fruité, tout désigné pour accompagner au quotidien les pâtes à la tomate, la pizza et les cochonnailles.
En terminant, je dois vous signaler que les gestionnaires du regroupement des producteurs, (l' ASSOCIAZIONE PRODUTTORI del BARBERA D'ASTI SUPERIORE "NIZZA") comptent parmi les plus jeunes et les plus dynamiques du pays et ils travaillent à l'obtention d'une nouvelle DOC qui s'appellerait tout simplement « Nizza », comme dans Barolo, Chianti, etc. (Le président de l'
Associazione , Gianluca Morino, un mec qui s'est tapé douze années d'études supérieures en viticulture et en œnologie, fait plus de six pieds et demi alors que son bras droit et secrétaire, Daniel e Chiappone, aussi œnologue et vigneron, fait à peine quatre pieds cinq pouces : rigolo
indeed de les voir côte à côte sur une estrade…)
Raymond Chalifoux
Mai 2008
Publié dans le journal ICI, Québécor média
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