Château « rona »

 
 

Altano Reserva Douro 2004 - (10370814 – 24.75$)

 
etiquette vin

Le mode d’emploi qu’on trouve dans l’emballage tient tout entier sur un bout de papier grand comme ça : d’abord, cet « assaisonnement », il ne servira qu’une fois. Et pour toute préoccupation, vous devez vous assurer que la planche de cèdre rouge de l’ouest du Canada que avez achetée à l’épicerie - et que vous ferez tremper pendant plusieurs jours s’il le faut -, soit tellement gorgée d’eau qu’elle ne prendra pas feu quand elle passera plusieurs minutes sur la grille brûlante de votre barbecue, ce qui lui permettra de bien cuire les aliments que vous y aurez déposés et  de leur transmettre - car c’est bien là le but de l’exercice -, ses arômes si caractéristiques et si entêtants…

Le cèdre rouge, comme parfum, c’est plutôt rare si on compare à tous les aliments  aromatisés à l’érable ou à tous les vins intentionnellement marqués par de prenants arômes de bois de chêne Français ou américain… Il n’y a pas si longtemps, en matière d’arômes de « clos de bois » - notamment chez les vins Californiens ou Australiens -, plus voulait invariablement dire mieux. Aujourd’hui, cette tendance s’est inversée; et les vins trop boisés sont négligés par un bon nombre d’amateurs avertis. N’empêche, quand le vin – et peu importe sa couleur – a la structure et la densité qu’il faut, les arômes de  bois de chêne de la meilleure qualité - et même en grande quantité -, peuvent être tout à fait séduisants. Or, c’est selon moi exactement ce qu’offre cet Altano, ce rouge sec du Portugal que j’ai regoûté récemment :  mon coup de cœur a été tel que, constatant que je n’en avais jamais parlé dans cette chronique , je me suis empressé d’aller vérifier les quantités encore disponibles à la SAQ : pfiou (!), il en reste tout plein.

Pour un rouge sec du Portugal, 25$ peut paraître assez cher. Or, dans ce cas-ci, considérer l’Altano de cette façon, c’est le voir par le mauvais bout de la lorgnette : il s’agit plutôt ici d’un rouge sec d’excellent calibre, mais vendu seulement 25$ parce qu’il ne provient pas d’une région ou d’un producteur de prestige…En fait, il s’agit d’un vin solide, bien en chair, richement fruité, généreusement boisé, qui offre beaucoup d’une matière bien mûre et presque sucrée, et qui laisse en bouche une rémanence agréable - caressante même. Quant à moi, convaincu qu’il se bonifiera encore pendant quatre, sinon cinq ans, cet Altano, je me suis empressé d’aller à la SAQ en chercher quatre autres bouteilles que j’ai vitement encavées. Vous pouvez aussi l’acheter en ligne, mais permettez que j’insiste, ne le ratez pas celui-là!

Raymond Chalifoux
Juillet 2008
Publié dans le journal ICI, Québécor média
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