En quatre jours, soit du 28 au 31 octobre, j’ai pu goûter avec attention et dans de très bonnes conditions, 28 pinots noirs du Nouveau Monde : 15 lors de deux ateliers pour amateurs de vin que j’animais moi-même et les 13 autres dans les locaux de la SAQ, en compagnie d’autres chroniqueurs. Mon verdict : toutes origines confondues, huit vins sur dix, pour être trop riches en alcool, chauffaient l’organe à bisous en fin de parcours. Et c’est sans compter qu’on a aussi eu droit, dans certains cas, à ce pincement venu d’une « tartrification » mal menée (un ajout excessif d’acide tartrique). Par ailleurs, en ce qui concerne les pinots noirs dégustés à la SAQ et qui font partie du dernier arrivage Cellier (disponible à compter de ce matin), le prix moyen à la bouteille est de 35.43$; ou - à un dollar le litre -, 47 fois le prix du carburant régulier à la pompe! Bon…, « Je m’arrête ou j’continue? ♫ Encore! ♪ ».
En plus de mille ans de viticulture, les Français, les Italiens et les Espagnols n’ont jamais planté de pinot noir en climat méditerranéen : trop chaud! Mais, ceci dit, les terroirs frais européens ne sont pas l’idéal non plus, pour être climatologiquement peu sûrs, vu les risques importants de gel ou de fortes précipitations. Chez les « pays » du Nouveau Monde, la Californie et le Chili peuvent respectivement, et en maints endroits, bénéficier de l’influence des courants froids venus des pôles. À défaut, l’Argentine peut quant à elle miser sur l’altitude : à 2,000 mètres, les nuits sont vraiment fraîches et la luminosité diurne extraordinaire! En ce qui concerne la Nouvelle-Zélande, le sud de l’île du Sud peut procurer et l’altitude et la fraîcheur diurne. Mais, - et c’est tout un mais -, le 19 janvier 2007 (grosso modo l’équivalent du 19 juin ici) on a vu des parcelles dans le Central Otago où les pinots noirs n’étaient qu’au stade de la floraison, soit l’équivalent d’un retard végétatif de quatre, cinq, sinon six semaines! Et le monsieur, chez Amisfield Wine Company ne rigolait pas beaucoup, sachez-le. Considérant ce qu’il en coûte de démarrer un nouveau vignoble ou une « wine company », on peut alors comprendre que finalement, les nouveaux pinots ne sont peut-être pas toujours plantés dans des coins aussi frais qu’on le dit...
Et alors?
Alors en ce qui concerne cet arrivage de Cellier, ma recommandation est de consacrer vos dollars à l’achat des vins australiens, notamment le « Sparkling Shiraz » Paringa 2004 (10968162–18$) si festif et si… différent. Le Shiraz Friends 2005 (10955126–19$) est quant à lui « full candy » et les plus jeunes vont adorer. Le Butchers Block Red 2006 (10968171–26$) a compté parmi mes préférés : un beau nez invitant, fait de fruit dense, de bois et de fumée, suivi d’une bouche superbe, faite de retenue, de densité, d’équilibre et d’une persistance incroyable. J’ai aussi beaucoup aimé le The Lackey 2006 à seulement 19$, de même que les deux « Torbreck ». En ce qui concerne le Covenant 2004 (10955142–45.75$) c’est un formidable « blockbuster » qui selon moi sera encore extraordinaire dans 15 ans!