Esporao, Alentejo Reserva 2004 - (10838616 – 26$)
Salmos, Miguel Torres Priorat 2005 - (10857690 – 29$)
« Te souviens-tu du vin « Union »? Cette bouteille-là, elle coûtait 2.99$! À l'époque, la section des vins rouges d'Espagne pas chers, ça faisait à peu près 30 pouces de large sur une tablette; et ça comprenait à peu près cinq produits! » C'est Robert Lamarre, l'influent conseiller en vin de la SAQ du 900 Beaubien, qui me tenait ce discours, jeudi dernier, alors que tous les deux, dans une grande salle de bal du nord-est de Montréal, un peu fébriles, nous attendions le… début des hostilités.
Depuis quelques années je suis de l'équipe de bénévoles qui travaille à l'organisation et à l'animation du grand souper gastronomique annuel de la Fondation de l'Hôpital Jean-Talon. Cette année, Robert Lamarre qui coiffe cette équipe depuis le début, avait choisi pour thème, les vins d'Espagne. Pas très étonnant car par les temps qui courent, l'Espagne viticole, il n'y a pas plus « hot ». Et, il arrive que les vins d'Espagne - et leurs voisins de la péninsule ibérique, les vins portugais -, sont justement le centre d'intérêt du dernier numéro du magazine Cellier. (Pour votre gouverne, au jour d'aujourd'hui, l'offre locale de vins rouges d'Espagne à moins de 15$, ce n'est plus une demie douzaine mais bien 60 produits différents! Méchant revirement!)
Tout ceci étant dit, dans le moment, il y a, entre autres, deux produits qui font beaucoup jaser dans les chaumières… allumées. Le premier, venu du plus grand producteur de vin fin de cette chaude région qu'est l'Alentejo (Portugal), est le seul de sa gang car il est élaboré par un œnologue… australien, David Baverstock! Je l'ai goûté deux fois ces dernières semaines cet Esporao Reserva 2004 : une fois en dégustation de presse dans les bureaux de la SAQ et vendredi dernier, en compagnie de l'œnologue et des commerciaux de la maison alors qu'il constituait - à juste titre - le point central d'un repas cinq services au Ferreira Café. C'est du gros! Le fruit mûr et le bois neuf, il vous en pisse aux commissures, si vous voyez ce que je veux dire… Mais, si c'est joufflu, ce n'est pas grossier, loin de là. 2004 a été un millésime exceptionnel et ça se goûte, sachez-le : au Ferreira, on nous a aussi servi le 2003 et il n'arrive pas au genou du 2004! Pour les viandes rouges relevées de vos barbecues à venir, il sera parfait.
Quant au Salmos, c'est la finesse même. À mi-parcours, ma blonde a fait ce commentaire que j'ai trouvé très à propos « ce vin, on dirait qu'il a été fini à la polisseuse : toutes les aspérités ont été soigneusement enlevées! ». Nous, on l'a pris sur des jarrets de sanglier cuits à la mijoteuse (avec ail, oignons, tomates, basilic, etc.) et c'était vraiment limite : trop relevé, le plat, pour apprécier toutes les nuances qu'il psalmodie, ce Salmos… Alors, pour bien en jouir, faites plutôt genre… rôti de bœuf. En terminant, juste un mot sur l'emballage: MA-GNI-FI-QUE!
Raymond Chalifoux
Juin 2008
Publié dans le journal ICI, Québécor média
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