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Circonstances. atténuantes

 
 

Écrire en juillet une chronique sur la pêche aux petits poissons des chenaux, c’est comme publier les résultats d’un banc d’essai de tondeuses à gazon la semaine de Noël : il y a risque d’une réceptivité disons.. atténuée, chez votre lectorat. Toute chronique de quelque valeur doit donc être d’abord de circonstance ? À voir le contenu des journaux et des magazines, qu’ils soient imprimés, radio, télé, ou web-diffusés, on serait porté à croire que c’est là la conviction de tous les rédacteurs en chef de la planète, car c’est jusqu’à plus soif, la semaine de Pâques, qu’on nous entartine d’histoires de chocolat, de lapins et de poussins…

Adaptée à mon secteur d’activité, cette remarque signifie qu’aujourd’hui, en ce vendredi saint, je devrais donc – brunch de Pâques oblige – vous parler de vins mousseux et de rosés pour accompagner le jambon à l’érable. Eh bien, je vais d’abord vous livrer quelques paires d’observations : le rosé, par les temps qui courent, ça se vend comme jamais auparavant; toute l’année durant, et ce, même en France! Et les recettes de la réussite « œnologique » du rosé, tous les vignerons les ont apprises ces dernières années. Selon www.SAQ.com la SAQ offre présentement  une centaine (absolument!) de vins rosés entre huit et 20 piastres, et comme dans ce créneau le prix plus élevé est à des kilomètres de garantir quelque bonification de votre plaisir, ma recommandation sera celle-ci : pourquoi – et croyez-moi je suis sérieux – n’achèteriez-vous pas le rosé dont l’habillage se mariera le mieux aux motifs et aux couleurs de votre table de Pâques!

En ce qui concerne les mousseux, le paysage commercial est comparable, le nombre de candidats à juste prix à de quoi vous étourdir… Alors, j’irai de cette suggestion : récemment, vu le tarif, j’ai été interpelé par l’aplomb de ce mousseux italien et c’est donc avec conviction que je vous le recommande : Carpene Malvolti Cuvée Brut Prosecco di Conegliano (591289 – 15$). Largement disponible, vous le trouverez aux succursales de la rue Labelle, du Carrefour du Nord, et de la rue Roland Godard, notamment.

Mon cépage favori
Je vous apprendrai bien peu en affirmant que les vins d’aujourd’hui sont noirs comme de l’encre, souvent  trop costauds,  qu’ils entrent en bouche comme le ferait une escouade policière antigang, et qu’ils sont nettement moins digestes qu’avant. Alors, si – comme moi – vous commencez à en avoir marre de ces vins indélicats, je vous inviterais à vous tourner vers des vins élaborés en tout ou en partie avec ce cépage rouge du nord de l’Italie qui me passionne tant, le nebbiolo; et voici un possible plan de match pour un souper du jour de Pâques avec l’être tant aimé : sur une entrée de votre choix, faites-vous d’abord la bouche avec une demi-bouteille de Bourgogne rouge d’entrée de gamme, puis sur une escalope de veau, délectez-vous de ce Barolo d’une grande finesse, le Dardi Le Rose Bussia Barolo 2003 (10816775 – 61$). Mais, soyez-prévenu, pour l’avoir servi en dégustation cette semaine, ce vin très fin peut mettre une heure à s’ouvrir, alors passez-le en carafe avant de vous mettre à table. Joyeuses Pâques!

Raymond Chalifoux
11 Avril 2009
Publié dans le journal Le Mirabel
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