Le temps des Fêtes et la Saint-Valentin sont loin, l'hiver est à maturité, et au Québec, probablement pour se donner le cour de traverser ce qui reste de grisaille à venir, l'heure est aux festins et aux libations, avec ces évènements annuels que sont le Festival Montréal en Lumière , la venue de la délégation « Grandi Marqui » (l'actuelle visite des vignerons italiens de renom) et la parution de l'édition hivernale du magazine Cellier .
Vous verrez donc apparaître ces jours-ci dans les succursales de la SAQ, une ribambelle de nouveaux produits que, pour la plupart, nous avons pu goûter en avant première. Mes recommandations.
Quelques vins blancs
Château La Grave Minervois 2008 (864561-16$)
Un fort bon blanc du Midi, vif, assez charnu et bien parfumé, élaboré à partir du cépage « maccabeu », surtout, et agrémenté de marsanne et de vermentino. Un blanc différent, à la fois floral et épicé; un très bel achat.
Mâcon Villages Les Florières Cave de Lugny 2007 (346049- 15$)
Un Bourgogne blanc à prix doux, bien « chardonné », à la fois tendre et. tendu, et qui sourira à vos bouchées de sushi ou à vos assiettes de poissons blancs.
Chardonnay Ravenswood Vintners Blend Californie 2007 (862946-19$)
Dégusté deux fois, j'ai adoré la retenue et l'équilibre de ce Chardonnay de Californie si peu boisé, velouté, et bien frais. Un réel plaisir!
Carpene Malvolti Pr osecco di Conegliano (591289-16$)
De teinte vert pâle, ce Prosecco nous gratifie d'une fort jolie mousse, très généreuse, et d'une palette aromatique faite de notes épicées, florales, briochées, et qui enjolivent une chair toute sympathique.
Michele Chiarlo Roero Arneis 2007 (10857251-20$)
De couleur or franc, profond, à reflets or, vert, et gris. Assez aromatique (beaucoup de fruit), un côté miellé, floral, et un rien de verdure humide. Bien fondu, bien vif, un peu évanescent en fin de parcours, mais le début de l'affaire est parfaitement convaincant. Et ça nous change du chardonnay.
Pinot Bianco Alois Lageder Sudtirol Alto Adige 2007 (11035911-21$)
Or vert à reflets vert et gris. Cristallin. Moyennement aromatique, fruité (un fruité qui rappelle les whiskeys irlandais non boisés.). Une lancée toute moelleuse - beaucoup de personnalité - une vivacité remarquable, et en fin de parcours une sorte d'amertume parfaitement bienvenue comme elle nous confirme qu'on n'a pas ici affaire au style « pinot griggio youêsse » (comme dans US.). Du Lageder tout craché, et c'est tan mieux! Merci Alois!
Chardonnay Jermann Venezia Giulia i.g.t. 2007 (10835853-31$)
Or jaune franc plus que soutenu et à reflets de même teinte. Très moyennement aromatique, mais on l'a bien « chardonné » et on a même droit à un petit côté « Blanc de blancs » à Champagne, c'est à dire levuré. Bonne lancée, bonne salivation, bonne tenue à mi-parcours et une finale qui s'accroche. Qu'ajouter, sinon qu'il s'agit ici d'un fort beau vin.
Quelques rouges
Voici ma proposition : les Italiens cette semaine, puis les vins de Cellier la semaine prochaine, comme de toute façon ils n'arriveront sur les rayons (en deux vagues) que les 5 et 12 mars.
Michele Chiarlo Le Monache Monferrato 2006 (10390583-15$)
Ce petit rouge Piedmontais est ferme, vif, souple, d'humeur égale, et pourvu de tout le fruit - impeccable - qu'on puisse souhaiter. Encore!
Pio Cesare Dolcetto d'Alba 2007 (129890-23$)
Ce rouge concentré livre ce qu'il annonce, soit une masse de fruit enrobée de cette tanicité si typique du cépage Dolcetto. Vraiment beaucoup, beaucoup de. présence, pour le prix. Il ne lui manque que la complicité du meilleur osso buco!
Nero d'Avola/Merlot Camastra Tasca d'Almerita Sicilia 2005 (11031144-26$)
Un vin noir, lourdement marqué par l'élevage, et au point de quasiment sentir le. « char neuf »! Fruité et même très, quasi sucré, il racole toutes voiles dehors en chantant comme Charlebois, « J'veux d'l'amour! ? »
Nero d'Avola Lamùri Tasca d'Almerita Sicilia 2006 (11029159-23$)
Au nez, avec ces arômes rappelant l'eucalyptus, la menthe et le chocolat noir, ce Nero d'Avola annonce sans timidité le. tsunami gustatif qu'il provoque : plein la gueule qu'on en prend! (Mais on aime ça et on en redemande!) Essayez, pour voir.
Giubilante Lungarotti Umbria 2005 (875294-21$)
Ici, de la tenue et de la retenue : une fruité franc, généreux, une tanicité de bon aloi et un présence d'alcool bien dosée. Vite, à table!
Blau&Blau Jermann Delle Venezie i.g.t. 2006 (11035823-35$)
Encore cette fois je vais le redire, de toutes les régions d'Italie, la Vénétie est celle qui produit les vins qui sont le plus franchement de facture « néo-mondialiste » c'est-à-dire joufflus, quasi sucrés, bref des vins pour ados attardés. Celui-ci, au nez, n'en a que pour l'élevage : plein les narines des arômes de moulin à scie! Et en bouche ça part effectivement sur cette « chire » : ramassé, hyper boisé (on n'est quand même pas des castors ou des thermites, tabourette!) et on ne parvient pas à voir quand cela va s'arrêter; c'est parké là, pis y a un flat sul char, toé! Ces tanins de bois finissent par devenir asséchants, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on en prend plein la gueule.
Raymond Chalifoux
Février 2009
Publié dans le journal Le Mirabel
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