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Pâles et tout nouveaux…

 
 

Quand j’ai annoncé aux étudiants que nous n’allions déguster que des blancs, l’un d’eux a lancé à la blague « Bon bein.. bonsoir, je rentre chez moi! ». J’ai répondu alors à ce monsieur qu’il allait se priver d’une belle occasion de mieux comprendre le « comportement gustatif » de trois des quatre composés de la structure du vin - soit l’acidité, l’alcool et le moelleux -, qui en l’absence de tanins (les  blancs en contiennent peu ou pas..) est beaucoup plus facile à saisir clairement.

Il est de bon ton chez l’amateur de vin « sérieux »  - enfin ceux qui se perçoivent et aimeraient bien être appréhendés comme tel - que la qualité première du vin digne d’intérêt c’est celle d’être rouge.

Ceux-là devraient savoir que jusqu’en 1970 (!) il se produisait en Gironde (à Bordeaux) plus de blanc que d’écarlate!... Et j’ajouterais que pas plus tard que jeudi soir il y a deux jours, alors qu’ à l’invitation de « Wine Australia » nous étions une demi-douzaine de chroniqueurs attablés dans un restaurant montréalais, le sujet qui de toute la soirée a occupé la majeure partie du plancher, c’est le fait que tout commentateur « professionnel » a le devoir de commenter « tous » les types de vins, et non pas seulement ceux qui correspondent à ses préférences; et que de surcroît, les communicateurs spécialisés doivent aussi résister à la tentation de « bulldozer » la « néomondialité viticole » en utilisant pour ce faire les traits consacrés de la vitiviniculture européenne traditionnelle. Comme dans : « Ce pinot noir australien n’est pas aussi bon qu’un Bourgogne! », « Ce merlot de Washington fait un bien mauvais Pomerol! » ou encore « Ce Chardonnay de Californie n’a vraiment rien d’un Meursault! ». On ne fait pas un mignon chien de salon d’un imposant saint-bernard : à chacun sa nature et pour chacun  des attentes mieux ciblées!

Fraîchement débarqués à la SAQ, pour accompagner les bouchées asiatiques (japonaises, coréennes, etc.) :

  • Müller-Catoir Rieslinng Troken Qba 2008 (10558462 – 23$) : Floral, distingué, sec et comme.. très finement « carbonaté » - donc très désaltérant.
  • Marc Brédif Vouvray 2007 (10267809 – 20$) : À la fois doux et tendu – comme le bon chenin de la Loire qu’il est…
  • Villa Maria Riesling Private Bin Marlborough 2008 (10382524 – 17$) Très aromatique (la spécialité néozélandaise...) bien vif et légèrement sucré.
  • Riesling Grand Cru Shoenenbourg Kuhl Mann-Platz 2007 (11034601-28$): Douces notes pétrolées, d’abord tout rond et sucré, puis vaguement amer et tartrique.
  • Don David Torrontes Cafayate Reserve 2009 (10894423 – 16$) : Parfumé, équilibré, délectable du début à la fin, et pas cher avec ça…

Pour la volaille à chair blanche grillée sans sauce épicée :

  • Ferraton La source, St-Joseph 2007 (111153838 – 29$) : Éminemment floral, charnu et même gras. Les amateurs de blancs rhodaniens rondouillards aimeront.

Comme alternative au martini qui calme corps et âme au sortir d’une journée parfaitement éreintante, où encore le soir de la St-Valentin – juste avant de passer aux choses sérieuses..., ces trois chardonnays boisés délibérément servis bien froids :

  • Château St-Jean Chardonnay Sonoma 2008 (897215 – 18$)
  • Amayna Chardonnay San Antonio-Leyda 2007 (10692549 – 25$)
  • Château St-Jean “Robert Young” Chardonnay 2007 (870345 – 41$)

Raymond Chalifoux
8 Février 2010
Publié dans le journal Le Mirabel
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