« En matière de qualité, le prix de la bouteille ne veut pas dire grand-chose : moi, je connais plein de petits vins à dix piastres qui sont excellents et tout le monde sait qu’il y a plein de vins chers qui ne valent pas leur prix! »
Cet énoncé d’une grande sagesse (populaire), croyez-bien que depuis quinze ans, on me le sert cinquante fois par année : une fois par semaine et relâche pour les « vacances de la construction »… Dit un peu plus sérieusement, si je suis prêt à admettre que cette affirmation n’est pas totalement fausse, le « prof de vin » que je suis dois toutefois insister qu’il faut aussi, dans la foulée, reconnaître que pour la très grande majorité des consommateurs, le « plaisir du vin » vient d’abord de l’euphorie que procure l’alcool qu’il contient. À pareille enseigne, il est donc assez juste d’avancer que le pinard à dix piastres peut aisément « faire le gros de la job »…
Tout cela étant dit, la grande envie que j’avais quant à moi, c’était de voir pour une bonne fois, ce qu’il en est du rapport qualité/prix de quelques-uns de ces vins chers mais quand même accessibles au commun des mortels – parce que disponibles dès la trentaine de dollars ou à peu près – que sont les Amarone, les Châteauneuf-du Pape et les Barolo. Et j’ajouterai enfin que pour moi, cet exercice d’évaluation ne pouvait être valable que s’il était fait en mode « collectif », soit avec la participation d’une bonne gang d’amateurs de tout calibre, bref, du monde ordinaire. J’ai donc inclus à l’horaire des cours de cet automne, une soirée consacrée aux Amarone, une autre aux Châteauneuf et deux (parce que je les aime particulièrement) aux Barolo d’entrée de gamme. Ces soirées étant maintenant achevées, vous pourrez voir d’ici peu sur mon site www.leprofdevin.com la liste des vins qui ont été goûtés, de même que les notes qui leur ont été accordées. Mais, je tiens à vous rapporter dès maintenant à grands traits, les conclusions qu’on a pu tirer de ces tests.
D’abord l’Amarone : en deux mots, ce fut « une horreur! ». Les vins se sont révélés structurellement ratés : des fins de bouche torrides, détestables, et des arômes de fruits ternis, trop mûrs. De mauvais achats, donc, à l’exception des
Fabiano Amarone della Valpolicella Classico 2005 (10769307 – 39.75$)
et Tedeschi Amarone della Valpolicella Classico 2005 (522763 – 43.50$).
Ce dernier (le Tedeschi) fut – et de loin – le préféré de la soirée avec ses arômes de fruit francs, son parcours buccal sans à-coups et sa longue rémanence.
Dans le cas des Châteauneuf-du-Pape, la déconfiture fut encore pire! Les vins – tous autour d’une quarantaine de dollars – ont déplu avec une remarquable uniformité. La conclusion qui s’impose donc, est qu’il vaut mieux s’abstenir si on n’a que 40 dollars à dépenser une bouteille de Châteauneuf. (Pour votre gouverne, le grand gagnant de cet exercice fut le « pirate » de la soirée, soit le Coudoulet de Beaucastel - un simple Côtes du Rhône 2006! (973222 – 29.50$).
Finalement, les Barolo ont été quant à eux tout à fait à la hauteur de cet adage italien qui dit que « le Barolo est le Roi des vins et le vin des Rois! ». Les notes et commentaires sont déjà en ligne sur www.vinplaisirsetsante.com . Bonne lecture!
PS : Sous forme de carte cadeau, la SAQ accorde ce week-end 15% de rabais pour tout achat de plus de 100$!
Raymond Chalifoux
21 novembre 2009
Publié dans le journal Le Mirabel
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