Qu'en est-il de votre consommation de Porto? Si elle est alignée sur la consommation mondiale des dix dernières années, elle est présentement en chute libre! Eh oui, ce type de vin n'a plus la cote par les temps qui courent. L'alcool et le sucre que ces vins contiennent paraissent déraisonnablement élevés, donc menaçants pour la santé. Devant pareille désaffection, les producteurs auraient pu considérer promouvoir l'achat en demi format, comme c'est le cas pour d'autres vins dits « de dessert », mais depuis quelques années les maisons de Porto se sont plutôt mises à élaborer des vins secs qui - comme ils coûtent moins cher à produire -, peuvent se révéler hautement profitables. Aujourd'hui, il semble bien rétrospectivement que la stratégie du « sec » était valable car la presse spécialisée a réservé un accueil très positif aux « petits nouveaux du Douro » (la région où sont produits les portos); et l'offre semble continuer de s'élargir, de se complexifier, mais surtout, de se bonifier : tant mieux pour nous!
Cette semaine, en compagnie d'une « belle gang » d'amateurs de la région, on a dégusté une dizaine de ces nouveaux rouges secs du Portugal qui se sont acquis la réputation enviable de constituer de fort bons rapports qualité/prix. Il ne s'agissait pas exclusivement de vins d'entrée de gamme, cela dit, car les prix allaient de 15$ à. 65$! Et quel a donc été le verdict? Y-a-t-il effectivement lieu de s'enthousiasmer? La réponse est simple : « Oui, mais... ». La perfection n'étant pas de ce monde, là comme ailleurs le pire côtoie le meilleur. Or, la vie étant trop courte pour s'apitoyer (et l'espace de cette chronique restreint..) je ne vous entretiendrai que du meilleur; et parmi les plus abordables.
Quinta das Caldas Douro 2006 (10865227-15.35$)
Le vin est rubis à reflets grenat. Le premier contact olfactif révèle une personnalité simple où dominent les arômes venus de la rafle et des baies très mûres. En bouche, ça s'engage fort bien mais au cour du programme, là où l'orchestre et le chanteur devraient donner tout ce qu'ils ont, ça chute un brin, pour reprendre de plus belle en finale. À ce prix, vous obtenez donc un bon candidat pour le souper du jeudi soir...
Vinha Grande Casa Ferreirinha Douro 2003 (865329-19.55$)
Autant le signaler d'entrée de jeu, celui-ci a été mon favori. Une réussite complète tant en ce qui concerne l'offre aromatique, que la structure et la durée. Mieux encore, il a fait la barbe que c'en était gênant à un compatriote coutant 50% plus cher.
Quinta do Tedo Grande Reserva Douro 2005 (10773251-36.50$)
Que penser d'un rouge portugais de milieu de gamme élaboré par un Français qui a vécu en Californie? Ça risque d'être intéressant dites-vous? Et comment donc! Vincent Bouchard et sa conjointe Kay Steffey ont amené à Quinta do Tedo le meilleur des deux mondes. Et pour notre plus grand bonheur car tout ça se retrouve dans la bouteille! La complexité aromatique est remarquable : anis, cerise, girofle, etc. Un vin sérieux, bâti pour la garde et la cuisine gastronomique, bien évidemment.
Raymond Chalifoux
9 Mai 2009
Publié dans le journal Le Mirabel
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