Le premier, fils de bonne famille - à la fois française, bourgeoise et vigneronne -, a le port vestimentaire impeccable, le discours châtié, les manières posées.
L'autre, l'Australien fermier-chasseur-aventurier viré vigneron, de toute sa vie il n'a jamais trébuché sur les fleurs du tapis. Anyway, il hait les tapis...
Château de Maligny, Chablis Premier Crû « Fourchaume » 2005 (480145 – 33$)
En un mot comme en cent, ce vin, il est parfait. Parfait pour ce qu'il est, soit un Chablis de Crû, de bon millésime et de maison respectable. Dès le premier contact, pour moi, ça a été le coup de foudre; comme dans « love at first sip ». J'en ai versé dans mon tâte-vin préféré - un beau grand Riedel à Bourgogne blanc -, j'ai goûté, et ça a fait boom! Et je me souviens clairement d'avoir lancé à ma blonde « C'..t un nailer , Honey! » « Nailer » comme dans cloueur …
Entre nous, le terme signale ces spécimens - très rares avouons-le -, qui ont cette faculté de vous clouer le bec (l'organe à chiâler..) et de vous ouvrir au contraire tout grand, l'organe à plaisir.
Mais je serai quand même un peu plus précis, en vous citant ici ce que j'écrivais sur son compte aux gens qui s'occupent de sa commercialisation : « (…) j'ai absolument adoré le Château de Maligny 2005 : de la richesse à revendre et un équilibre structurel à mi-chemin entre le Nouveau et l'Ancien Monde. (…) j'ai l'intention de lui accorder une attention toute spéciale (dans une chronique) bientôt. » Voilà. Je n'ai pas envie de me répandre en commentaires du genre arômes de ceci ou de cela : le vin est délicieux et même si la maison et le produit sont connus et soutenus ici depuis belle lurette (quoique, ils ont aussi quelques détracteurs..) ce millésime, j'insiste, sort de l'ordinaire. Quant à savoir si c'est cher, il faut se rappeler qu'on a ici affaire à une Bourgogne, qui plus est à un Chablis, et encore, de Premier Crû, alors…
Quant à l'Australien, c'est le Deakin Estate Shiraz Victoria 2004 (560821 – 14.85$). Deakin Estate, c'est la production d'énormes volumes : 350 hectares de vignes en propre et des exportations dans 28 pays… Les cuves de stockage sont en fait des gratte-ciel à pinard, et il faut s'en éloigner de 100 mètres pour les prendre en photo...
N'empêche, tout le vin « industriel » n'est pas à dédaigner; au contraire il est meilleur que jamais et tout spécialement, sachez-le, l'Australien qui nous a été offert ces trois dernières années. Ce 2004 (il peut y avoir du 2005 sur les rayons) m'a vraiment convaincu et il mérite amplement ce prix sous la barre des quinze kopecks.