« Comme convenu, par cet après-midi d'été typiquement sicilien, soit brûlant à en cuire les pierres, Grillo et Insolia se sont retrouvés sur la route poussiéreuse qui descend à la mer. Elle a chipé - encore cette fois parce qu'il le fallait bien -, la lourde bécane de postier de son oncle Tino : et tant pis pour les baffes et les remontrances qu'elle allait se mériter! »
Ainsi pourrait débuter le roman-photo d'une idylle déchirante; maudite. Car Grillo et Insolia, pour leur plus grand malheur et notre divertissement, tout comme Roméo et Juliette, seraient issus de familles rivales et sanguinaires...
Grillo Fazio Sicilia i.g.t. 2005 Code 10675781 – 16.05$
Insolia Fazio Sicilia i.g.t. 2005 Code 00898684 – 16.25$
En fait, « Grillo » et « Insolia » sont deux cépages blancs du sud de l'Italie dont il faudrait causer un brin parce que si votre plaisir bachique me concerne, votre culture du même nom me préoccupe aussi...
La famille Fazio , viticulteurs depuis quatre générations, a pris le virage délibéré de la modernité... Ces deux blancs, élaborés en cuvées mono cépage, (traditionnellement Grillo et Insolia étaient assemblés pour faire du Marsala) sont de parfaits exemples de ce que la Sicile d'aujourd'hui peut offrir de mieux, grâce - bien entendu - aux technologies du « froid » maintenant disponibles et… performantes.
Le Grillo est un cépage relativement tardif - pour un blanc du Sud - qui aurait été importé des Pouilles pour fin de repeuplement après la crise du phylloxéra.
Apprécié des viticulteurs pour la constance de sa productivité, il fournit des moûts peu acides et très sucrés; donc candidats à produire faute d'attention, des vins à la fois chauds et plats...
L'Insolia, quant à lui, est en fait l'Ansonica de Toscane. Il produit de grosses grappes serrées, faites de gros raisins ellipsoïdes aussi vendues - comme le Dolcetto piedmontais d'ailleurs - comme raisins de table; ce qui n'est pas très courant chez les raisins de cuve. Tout comme le Grillo, négligemment vinifié il produira des vins ternes et grossiers.
Alors voilà, ces deux blancs de Fazio sont tout sauf ternes et chauds… Et s'ils ne proposent pas de personnalités, disons, fortes et exubérantes, par ailleurs, au plan technique, avec d'affriolants arômes de fruits à chair blanche, une vivacité de bon aloi et un maintien dans l'honnête moyenne, ils constituent à bon prix deux bons vins d'apéro, ou de poissons simples.
t très franchement, j'aurais du mal à vous recommander l'un plus que l'autre, essayez-les donc tous les deux... Bon appétit!