« C'est bien beau, la critique, - ai-je déjà dit à une classe de jeunes sommeliers, à l'ITHQ -, mais quand on est face à quelque chose d'unique, de supérieur, de quelque chose qui vous remue chaque fois que vous y mettez le nez ou que vous y goûtez, eh bien, en semblable occurrence il faut - aussi - être capable de s'enthousiasmer « big time »; parce qu'autrement, on est à côté de la plaque et il serait indiqué d'envisager de passer la main…
Quand la pièce Les Belles Sœurs de Michel Tremblay a été jouée pour la première fois, il s'en est trouvé pour critiquer. Même chose quand Pierre Lapointe s'est mis à chanter; certains n'y ont vu qu'un petit crooner à la con… Pour un critique, la job, le « talent » ça veut dire être aussi capable de lever les drapeaux bien haut et de clamer bien fort quand c'est l'temps… »
Le vin, ce n'est pas comme les boulons, ou les petits pois. Le vin, c'est un univers complexe où depuis toujours, le jeu, le plaisir, la culture, la curiosité, l'ouverture, l'échange, l'enthousiasme - et que sais-je encore - font partie du décor. Et, personnellement, elle m'éteint particulièrement cette retenue, cette… crispation , (pour ne pas dire cette « constipation »), chez certains commentateurs qui semblent totalement blasés et incapables de toute forme d'enthousiasme; tant dans le ton que dans le propos.
Ceci étant bien établi, j'ai rencontré Dominique Hébrard pour la première fois le 8 novembre 2007 au restaurant La Chronique, rue Laurier, où nous avions été invités par son agent pour y déguster une demie douzaine de millésimes de ses châteaux « De Francs » en Bordeaux Côtes de Francs, « Trianon » et « Bellefont-Belcier » en Saint-Émilion Grand Cru. À la fin de cette matinée, il était très clair pour moi (quand c'est le vin qui parle, c'est on ne peut plus limpide, peu importe la langue…) que ce monsieur - qui a du bagou, qui sait ce qu'il veut, qui sait ce qu'il fait - était à mettre sur ma courte liste des… « hyper performants »; ces très rares génies du vin que l'on rencontre parfois dans un vignoble ou dans un chais. Ces gens-là, quand tout le monde fait « B », ils font « B+ » et quand - la nature aidant - tout le monde fait « A », eux, ils font « A+ au carré »!
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Alors voilà, je ne passerai pas des heures - et des paragraphes - à vous décrire les vins dans le détail, ça me semble superflu; mais je vous signalerai cette anecdote : le confrère Jacques Benoît (La Presse) était assis à ma gauche, au bout de la longue table et il… « oscillait du bonnet » de gauche à droite, sans arrêt, comme quand on dit « non ». Je me suis penché en sa direction et je lui ai dit « tu n'aimes pas? » il m'a alors répondu « Extraordinaire! Il y en a qui savent vraiment comment faire ça, du vin! Quels vins aériens, digestes, délicieux… » Voilà, tout est dit. Si le bon vin vous émeut, vous avez intérêt à vous souvenir de ces noms propres : Dominique Hébrard, Château de Francs, Château Trianon, Château Bellefont-Belcier .
PS : Ce jour-là, à La Chronique - où les deux chefs propriétaires, Marc De Canck et Olivier de Montigny sont eux aussi des « hyper performants » - comme chaque fois, on a mangé comme chez les rois! Voyez un peu le menu et… quelques images.
Le Menu
La joue de flétan rôtie, carbonnade flamande
Épinard en tempura et sa sauce béarnaise
Le duo de suprême de caille et foie gras poêlé
Purée de courge, cèpes et jus au chocolat
Le haut de cuisse de pintade farci, poêlée de girolles
Écrasé de pdt de ratte à la truffe, pois verts et carottes
Le dessert en surprise du moment
Dans le moment, on trouve à la SAQ :
- Château de Francs « Les Cerisiers » 2004 Code 10388889 – 29.25$
- Château de Francs 2005 Code 00967943 – 21.60$
- Château Trianon Saint-Émilion 2003 Code 10783969 – 49.50$
- Château Trianon Saint-Émilion 2003 Code 10501440 – 94$ ( 1.5 L )
- Château Bellefont-Belcier Saint-Emilion 2003 Code 10460861 – 53$
- Château Bellefont-Belcier st-émilion grand cru 2004 Code 10435075 – 42$
- Château Bellefont-Belcier Saint-Emilion 2003 Code 10539739 – 105$ (1.5L)