De la différence entre s’y connaître ou pas, en cuisine…
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Coup d’œil comparatif sur deux façons bien différentes, dans une même région, d’approcher de la restauration de qualité.
J’allais terminer le plat principal quand ça m’a frappé: le potage – on ne peut plus classique, d’ailleurs – avait été bon au point où j’aurais volontiers léché le fond du bol. La sauce qui accompagnait ma pièce de viande rouge était parfaitement réussie. Les légumes, juste un rien croquants, donc cuits d’une main experte et attentive, étaient eux aussi délectables : depuis toujours et à chaque fois, les résultats, chez ce restaurateur, restaient les mêmes : la cuisine, impeccablement faite, ne variait pas d’une « pinotte »!
Voilà ce qui fait la différence, me suis-je dit alors, entre s’y connaître à fond en cuisine, ou pas du tout… C’était, à la réflexion, une éloquente démonstration de la disparité entre un établissement tenu par un vrai « chef-propriétaire » et un resto où le chef est un « engagé ».
Mais que je vous explique un peu mieux : Ce qui précède s’est passé au restaurant « LA BRUYÈRE » à Saint-Sauveur-des-Monts. Le resto est installé dans une vieille maison de la rue Principale. L’endroit possède son propre stationnement, à l’arrière, et propose une longue liste de classiques de la cuisine résolument... Française.
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La table d’hôte annoncée déjà à l’extérieur sur un chevalet au bord du trottoir, est très abordable. Tout ça est la signature d’un seul homme, Michel Bruyère. Il compte plus de 30 ans de présence dans le paysage laurentien de la restauration et de l’hébergement : la confortable Auberge La Bruyère, à Ste-Adèle, c’était lui.
Vous aurez donc compris qu’il n’est pas étonnant qu’un couple de notre âge, connecté au vin et à la gastronomie depuis si longtemps, soit au fait du parcours du sieur Michel Bruyère…
L’autre approche
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Cette réflexion, je la dois au fait qu’à peine trois semaines auparavant nous avions finalement visité ce tout nouveau resto installé sur la route 117 à Prévost, « Le 117 ». (Pas très originale, l’appellation, mais efficace…)
Comme l’endroit abritait auparavant un autre type de commerce, tout, dans ce restaurant, est flambant neuf : la cuisine, la salle, le confortable mobilier – le décor, épuré et géométrique est tout en noir ébène et blanc cassé : de bon goût, agréable et délassant. Mais, dans un établissement de restauration, la musique ambiante et le personnel ont énormément d’impact sur l’atmosphère; sur comment on s’y sent vraiment...
Or au « 117 », qui, a-t-on entendu entre les branches, appartient à quelqu’un qui est plutôt du monde de la construction et qui y aurait fait beaucoup d’argent – assez pour se payer cette « danseuse » qu’est son propre restaurant s’affichant sur les enseignes extérieures comme étant « gastronomique » –, l’atmosphère fait un peu… gros sabots. La musique y était trop forte, et résolument marquée par le rythme et les « basses vibrantes et résonnantes ». Est-ce à cause du petit espace bar qu’on trouve en rentrant, allez savoir.
L’approche de notre serveur, quant à elle, était aussi du genre « Le Shack » ou « La Cage au Sport ».. si vous voyez ce que je veux dire. Quand il s’est pointé à la table avec la bouteille de Chateauneuf-du-Pape commandée, il apportait aussi une carafe : « Je vais décanter votre vin mais avant je vais d’abord « vinifier » la carafe! » Il voulait sûrement dire « aviner »…
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Ma pièce de filet mignon était cuite tel que demandé, soit « à point », mais tout le reste dans l’assiette manquait tant de franchise que de caractère. Quant à la sauce d’accompagnement, elle faisait vraiment trop truc en enveloppe plus d’une fois réchauffé. Le plat de madame, tout en étant « correct » n’avait vraiment rien de « gastronomique »; et la salade César qui l’avait précédée avait dégouliné tout son saoul d’un affligeant excès de vinaigrette et d’anchois : « trop c’est comme pas assez! », dit-on.
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Au « 117 », le vin est très abordable : notre Châteauneuf du très bon millésime qu’a été 2007 a coûté un cheveu au-dessus de 70$, ce qui fut fort apprécié. Mais au final, l’addition avec taxes et pourboire dépassait 220$. Il me faut mentionner que nous avions pris deux verres de mousseux en entrant. Mais malheureusement, ils pétillaient trop peu : à l’évidence, la bouteille était ouverte depuis « fouille-moi quand »…
On ne compte plus et depuis longtemps le nombre d’entrepreneurs pour qui la restauration de bon calibre a été une irrésistible sirène à laquelle ils ont fini par succomber... Mais malheureusement, on ne compte plus non plus les victimes qu’elle a faites… Et ce n’est pas fini, croyez-moi!
Raymond Chalifoux Sc
13 février 2012
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