« San Felice » comme dans... San « Félicité »!
Au cours du mois de février, j’ai animé pas moins de cinq soirées portant sur l’Italie, ses cépages et ses vins. J’ai donc eu l’opportunité d’analyser un grand nombre de produits avec beaucoup d’attention, et certains, vous vous en doutez bien, se sont révélés éminemment… délicieux.
Mais « le bouquet » de toutes ces virées sensorielles à l’italienne aura été, sans conteste, cette matinée au cours de laquelle nous avons dégusté une dizaine d’excellents rouges de Toscane – dont, à la queue leu, leu, les millésimes 1996, 2003, 2004, 2006, et 2007 du Pugniletto Toscana IGT de la maison San Felice, tout ça en compagnie du « signor » Leonardo Bellacini, œnologue senior chez ce producteur réputé.
« Pugnitello », c’est le nom d’un cépage toscan presque éteint, redécouvert au milieu des années 1990, et reproduit (replanté) avec beaucoup de soins par San Felice, avec la collaboration de l’Université de Firenze (Florence); et sous la supervision des autorités vitivinicoles italiennes, bien évidemment.
Dès que furent réalisées les premières « micro-vinifications » de pugniletto, Leonardo Bellacini réalisa qu’il tenait là un « gagnant » hors du commun et il n’a eu de cesse, depuis, d’expérimenter tant à la vigne que dans le chai pour maîtriser au mieux le potentiel exceptionnel de ce cultivar.
Toujours rares, les meilleurs
Pour le moment, sur le site de la SAQ, « pugnitello » égale « zéro », « néant », « trou noir » ou « faux numéro ». C’est que le Pugnitello Toscana IGT 2007, code 10873673, (le Québec tout entier ne disposera que de 96 caisses de six bouteilles – et à 46$ pièce) n’apparaîtra sur les rayonnages des magasins sélectionnés que le matin du 17 mars, en compagnie d’une gamme destinée à une promotion « circonstanciée » du magazine Cellier.
Que je vous file un peu ici, mes notes à son sujet : Vin pourpre à reflets fuscia, quasi opaque. Très aromatique et complexe : un premier nez marqué, sans excès, par l’élevage sous bois neuf de qualité – qu’enrichissent en bouche des notes d’épices, de fleurs et de cerise noire. Frais, souple, généreux, ample, large et profond il est étonnamment long et d’un équilibre structurel exemplaire : Yes sir, c’est du gros stock et du bon!
Et si je me fie à ce qu’offraient ce matin-là les Pugniletto 1996 et 2004, ce 2007 sera une pure merveille dès 2015, et par la suite pour presqu’une décennie. (Et pensez au malin plaisir que vous aurez, si à bouteille couverte vous demandez aux copains de deviner c’est quoi, le cépage...)
Une alternative
À une fraction du prix de ce Pugniletto et disponible partout, le San Felice Chianti Classico 2007 – (245241- 19.80$) est un Chianti bien typé, vif, aux tanins mûrs et qui soutiennent un ensemble svelte, digeste et élégant. Il ira à merveille avec les plats de volaille ou de veau que vous voudrez bien lui présenter.
En terminant, un conseil d’ami : 2007 en Toscane me rappelle 1985 à Bordeaux : des vins tout ronds, tout bons, et qui ont duré bien au-delà de ce qu’avaient prédit les experts! Alors profitez-en tandis qu’on en trouve, et surveillez, aussi de chez San Felice, l’arrivée de l’édition 2007 du Il Grigio, Chianti Classico Riserva 2007(703363 – 25$) : parole de prof de vin, ce sera à acheter à la demi douzaine!
Raymond Chalifoux
5 mars 2011
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