Le vin est un cocktail de produits chimiques! (1ère partie)
Première partie
Petit a)
Au cours du seul mandat qu’il fit à la Maison Blanche (1977-1981), Jimmy Carter, le Président aux gestes surprenants, novateurs, et souvent jusque-là fortement improbables aux ÉU, avait approuvé une loi qui rendait obligatoire sur la contre-étiquette de toutes les bouteilles de vin vendues dans son pays, l’exhaustive mention des ingrédients présents dans le flacon, et non pas seulement l’alcool et les sulfites.
Mais avant que cette loi n’entre en vigueur comme on entre en religion, Carter fut remplacé par un ex-acteur de mauvais westerns nommé Ronald Reagan, qui était aussi comme par hasard, ex-gouverneur de la Californie, cet État qui s’enorgueillit d’être et de loin, le principal producteur de pinard de ce côté-ci de l’Atlantique.
Or sitôt entré en fonction, « The Gipper » (le surnom qu’avait Reagan) s’empressa d’envoyer l’initiative « bachique » de son prédécesseur à la filière 13 : « Arrivedercie bella! »
Petit b)
Le 13 septembre 2000, ma blonde et moi (ma blonde c’est la dame qui signe la chronique naturiste à la page 4…) étions à Kingsville en Ontario, les invités du très souriant, jovial et moqueur Walter Schmoranz. Alors winemaker de la maison, monsieur Schmoranz est depuis passé à la présidence de cette compagnie nommée « The Pelee Island Winery ».
Alors qu’attablés privément avec Walter nous dégustions la énième cuvée de la maison, les vapeurs éthyliques s’étant chargé de calmer ma légendaire timidité, je fie à notre hôte cette bonhomme confidence : « You know what, Walter, in my opinion, there’s no bigger lyer than a winemaker… » (« À mon avis, y a pas plus menteur qu’un vigneron – ou qu’un œnologue! »).
Or loin de s’offusquer, Walter s’esclaffa plutôt, bruyamment, visiblement amusé par autant de franchise et par la justesse de l’observation. Et en cognant son verre contre le mien, sa réponse verbale fut « Ray, let’s drink to that my friend! ».
Petit c)
Vers 22 heures 40, le soir du 7 février 2011, juste avant qu’ils quittent à la fin du cours sur la production vinicole de la Nouvelle-Zélande que je donnais aux étudiants inscrits au programme de « Sommellerie supérieure » à l’ITHQ, je leur dis ceci : « Vous et moi ne nous reverrons probablement jamais dans de telles conditions, soit moi comme prof et vous comme élèves.
Alors voici « mon » conseil d’ami : Vous qui allez devenir des « professionnels du vin » vous avez intérêt à apprendre tout ce que vous pourrez sur la chimie du vin, au risque, autrement, d’être à court terme totalement dépassé par la réalité!
Les vignerons du monde entier vous raconteront leurs boniments (comme Hydro Québec qui voudrait bien nous passer des compteurs intelligents en forme de sapin…) et vous allez bêtement tout gober comme des carpes si vous ne disposez pas des connaissances techniques requises pour leur poser les bonnes questions ou leur servir sur votre honneur, les bonnes objections…
Si vous n’avez aucune idée par où commencer, lisez donc cet ouvrage intitulé « The Science of Wine » de Jamie Goode, et abonnez-vous à ces magazines publiés à l’intention des vignerons, tels que « La Revue des Œnologues » ou encore « Vineyard & Winery Management Magazine ».
Raymond Chalifoux
31 janvier 2012
Publié dans le journal Le Mirabel
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