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Les chroniques du journal Le Mirabel
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Le vin est un cocktail de produits chimiques! (2e partie)

Deuxième partie

(D’une série de trois. Il s’agit ici d’une sorte d’ « arrêt sur image », de réflexion sur le vin tel qu’il est devenu  aujourd’hui en ce début de 21e siècle.)

Le commandement sur la bouteille

Sur le contenant d’un médicament vendu sous ordonnance, on ne trouve habituellement pas de nomenclature des intrants chimiques présents dans le produit. La liste des composés actifs que contient le « ti-comprimé » que le médecin vous a prescrit peut être longue comme ça, désolé, vous n’en saurez rien. Vous pouvez toujours aller vérifier dans l’Internet la liste des effets secondaires du machin, mais ça ne changera rien au commandement apparaissant sur le flacon : « Prenez (verbe à l’impératif..) 2 comprimés 4 fois par jour aux 6 heures. Dépasser la dose peut causer des problèmes pour le foie. »

Ici, toutefois,  entre le « ti-comprimé » et votre auguste personne, il y a… un monde! Il y a le serment d’Hippocrate de votre toubib.

Il y a la relation de confiance que vous avez développée avec lui. Il y a aussi les tests qu’a dû mener et publier la compagnie pharmaceutique auteure du « ti-comprimé ». Il y a la rigueur plus ou moins grande des garde-fou gouvernementaux, les lois, les règlements ainsi que le personnel d’état qui gère le système. Et il y a enfin en bout de ligne, le « jean-coutu » derrière le comptoir de la pharmacie où vous aller acheter le médicament qui « re-check » tout ça une fois de plus et qui peut même vous dire - cela s’est vu tant de fois… :  « Vous allez devoir attendre un ti-peu que  je communique d’abord par téléphone avec votre médecin, parce que là, vu votre état, il me semble  y avoir  une incompatibilité que j’aimerais bien clarifier juste au cas… »

Contient des sulfites

La bouteille de vin, quant à elle, si son étiquette ne recèle pas de « commandement de consommation », elle n’est pas beaucoup plus bavarde quant aux matières qu’elle contient.

Et les fameux sulfites terrorisent (à tort!) tellement de gens qu’on a vu apparaître ces dernières années sur les marchés des vins dits « Nature » qui (à tort!) n’en contiennent pas. Mais si, de nos jours, plusieurs vins contiennent tant de sulfites, c’est que les « nouveaux buveurs de vin » veulent absolument des vins un peu sucrés, pas tanniques, peu acides, et hyper foncés, que les vignerons doivent donc « blinder » avec encore plus de sulfites pour éviter les déviations en tout genre.

Les « intrants œnologiques »

À une époque pas si lointaine, tout ce qu’on ajoutait dans le vin, c’était des sulfites et du sucre (dans le mout, la « chaptalisation ») pour hausser un brin le taux d’alcool. Mais aujourd’hui, la liste des « intrants œnologiques » (tapez ça dans Google, pour voir!), elle est longue comme d’ici au mois prochain! Qu’en est-il, alors, des « tanins colorants »? Qu’en est-il des tanins « de noix de galle »? Quels sont les risques d’allergie?, Qu’en est-il des « gommes de cellulose » (qui ne sont pas toutes acceptables dans la filière « alimentaire »!) servant à la stabilisation tartrique des vins? Qu’en est-il des « tanins merrain de cœur de chêne » en poudre? Sont-ils totalement libres de tanins « ligneux » indigestes? Et la liste de questions s’étire, encore et encore…

La Troisième partie à paraître dans deux semaines, proposera des solutions relativement accessibles aux consommateurs d’ici.

En attendant, un bon vin digeste : Le Régal du Loup, Minervois 2009, 10405010 – 19.45$

Raymond Chalifoux
11 février 2012
Publié dans le journal Le Mirabel
Tous droits réservés ©

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