Vive le nouveau, vive l'ancien, vive le vin!
En matière de vin fin, c’est chose vue et entendue, tous les goûts sont dans la nature! Mais à l’analyse, on constate que certaines préférences peuvent être, disons… nationales ou régionales, culturelles, générationnelles ou même liées à une mode qui ne fera que passer. Et pour illustrer, je dirais qu’il est de notoriété que les Allemands préfèrent le Riesling doux, que seuls les Grecs peuvent apprécier la Retsina (du vin aromatisé à la gomme de pin), que la génération « Red Bull » déteste les vins secs, que contrairement au profil « années 80 », les Québécois ne boivent presque plus de Muscadet, et que le Beaujolais si décrié partout pendant longtemps, refait surface « big time! » et spécialement chez les branchés.
Tout cela étant admis de bon gré, il demeure incontestable par ailleurs que le vin n’est plus du tout ce qu’il était. Et plusieurs – spécialement chez les amateurs de longue date – aiment bien s’en plaindre en disant que même les rouges sont devenus sucrés, qu’ils sont trop riches en alcool, que les tanins « vrais » (non oxygénés) ont disparu, qu’on utilise à tort des levures OGM, et patati et patata…
Le bébé et l’eau du bain
Il n’est pas facile de réfuter tant d’évidences, certes, mais il faut tout de même se retenir un peu le mouvement, afin d’éviter de jeter le kid nommé « Progrès » avec l’eau du bain… Car que l’on soit d’accord ou pas avec l’invasion de la technologie, de la chimie, de la botanique de pointe, de la génétique et que sais-je encore dans l’univers du vin fin, il faut admettre que jamais l’humanité n’a eu accès à d’aussi bons vins blancs : des vins francs, fruités, équilibrés, variés, bref, de purs bonheurs!
De passage à Montréal la semaine dernière, monsieur Riccardo Cotarella, œnologue expert auprès de la maison Falesco, nous racontait en long et en large - et d’une experte manière, digne du professeur émérite qu’il est aussi -, que ce sont les moyens modernes qui ont permis à la maison Falesco de ressusciter le cépage Roscetto, qui promet tant, et à partir duquel il élabore le Ferentano Falesco IGT Lazio 2008 (10782085 – 20.75$ - présentement épuisé mais qui serait de retour en septembre – je vous préviendrai). Ce grand cépage avait pratiquement disparu du vignoble italien, parce que trop difficile à maîtriser, tant au vignoble qu’à la cave – non réfrigérée à l’époque, bien sûr.
Et les moyens modernes permettent aussi de produire d’impeccables vins au profil « traditionnel », soit dénués des excès énumérés précédemment (sucre résiduel, alcool, etc.) et qui n’ont pas non plus, les défauts qui ternissaient les anciens : oxydation, arômes parasites de vieux cuviers usés, acidité volatile, etc.
Pour vous convaincre à tout jamais, vous n’avez qu’a tâter du blanc de chez cet autre excellent producteur italien qu’est Aloïs Lageder, tel le Pinot Bianco Aloïs Lageder Sudtirol Alto Adige 2009 (1035911 – 19.50$), un pur délice.
D’autres vins à découvrir
Dégustés cette semaine, il me faut vous recommander :
- Terre à Terre Corbières 2009 (11374391 – 14.35$) Un vin qui en dit long sur les talents d’élaborateurs de Jean-Noël Bousquet, ce monsieur qui commence à connaître le « goût Québécois » comme s’il l’avait lui-même tricoté… : Achetez!
- Morgon Château de Pizay 2009 (00719393 – 18.95$) Poivré, floral (œillet), un délicieux « sans faute » en bouche, et, le mieux, c’est qu’il y en a tout plein! YEAH!
Raymond Chalifoux
19 mars 2011
Publié dans le journal Le Mirabel
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