Si les Lurton faisaient des ponts ...
Il faudrait vite leur demander de nous faire un pont Champlain! Je dis ça parce qu’en matière de vin fin, les Lurton, y a pas plus « béton »! Et ça vaut pour n’importe lequel de tous ceux du nom. Car en passant, pour le compte, ils sont (à Bordeaux) plus nombreux que l’étaient les Dalton, les Lurton...
Moi, quand j’entre à la SAQ alors que pour cause de surexposition, l’inspiration, l’imagination et l’émotion sont au point mort, je fais ni un ni deux et j’achète du Lurton en sachant que je ne serai pas déçu. Et je ne le suis jamais. Des exemples? En voici trois juste pour commencer…
UN BLANC -
Mon sauvignon blanc, je l’aime « bien bordelais »! Je dis ça comme certains diraient « Bien bleu mon steak siouplaît! ». C’est qu’en règle plus que générale, les sauvignons bordelais sont moins rondouillards que les Californiens et moins « hystériques » que les sauvignons blancs de Nouvelle-Zélande; ceux-là dont la structure me rappelle parfois ces pauvres mannequins anorexiques et tout en os…
Alors, roulement de tambour siouplaît : Une jolie teinte or clair, d’affriolants arômes de pomme, de fleurs et de fruits citrins. Une texture faite d’une acidité bien vive et d’un joli moelleux bien fondu. Au dessert, une persistance tout à fait jouissive : CHÂTEAU DE ROCHEMORIN, Pessac-Léognan 2007 (743013 – 25.25$) : Yessss!
DEUX ROUGES -
Le malbec d’Argentine, ça peut être parfaitement ordinaire et quelconque. Et depuis quelques années, ici, on en a vu arriver tout plein des comme ça. Celui-là au contraire nous rend l’âme du cépage de fort belle façon : de la couleur à revendre, de l’étoffe tissée serrée, de la fraîcheur malgré l’alcool dans l’plafond, et de la longueur à revendre :
BODEGA FRANÇOIS LURTON MALBEC RESERVA 2009 (10395034 – 17.15$)
Nous étions une douzaine dans cette salle, à jouer à l’école (de vin) à Stewart Hall, jeudi dernier; et moi je faisais le prof. Alors, à un moment donné j’ai posé la question « Quand avez-vous acheté une bouteille de Bordeaux, la dernière fois? » OUCHHH! Dans tous les cas sauf le mien, ça faisait tellement longtemps qu’ils ne s’en souvenaient pas : c’était à faire pleurer une armée de Lurton! En voici un qui devrait justifier chez vous, une reprise de contact avec le Bordeaux rouge : CHÂTEAU DE ROCHEMORIN, Pessac-Léognan 2005 (743005 – 28.20$)
Bien oui, il s’agit effectivement du petit frère du blanc encensé plus haut. Il est sexy et jouissif comme le sont les Bordeaux rouges 2005, alors tandis qu’il en reste…
UN ROSÉ -
En matière de vins rosés, il y a ceux – de plus en plus nombreux – faits pour le party de graduation ou l’après-bal : full arômes de bonbons anglais, du sucre résiduel, bref, à prendre avec un glaçon quand il faut tondre le gazon même s’il fait 100 degrés. Ceux-là, à table – sauf s’il s’agit d’une table à picnic, bien sûr – ça vaut pas une claque! En voici un, tout franc, tout vrai, tout net, pour votre table de Pâques : une vieille connaissance, et vraiment pas cher avec ça :
CHÂTEAU BELLEVUE LA FORÊT Fronton 2010 (219840 – 15.30$)
Raymond Chalifoux
16 avril 2011
Publié dans le journal Le Mirabel
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